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Anonyme
(XIV° siècle)


shalabin

- Jacob Shalabin (début du XV° siècle). Anonyme traduit du catalan par Jean-Marie Barberà. Préface d'Anton M. Espadaler. Postface de Michel Balivet. Anacharsis 125 pages.

"Le texte de Jacob Shalabin nous est parvenu par un manuscrit qui avait appartenu au fils de Christophe Colomb, Ferdinand." (préface, page 8). Il "[...] nous situe dans une période cruciale au cours de laquelle le pouvoir turc resserre son étreinte autour d'une Constantinople déjà très affaiblie, et détermine du même coup le futur des peuples slaves des Balkans après la bataille décisive qui eut lieu dans la plaine de Kosovo Polié - le Champ des merles - le 15 juin 1389 [...]" (préface, page 6).

Le roman associe "des faits historiques majeurs de l'époque et des éléments de pure fiction." (page 9). Parmi les personnages historiques : Mourad Ier (orthographié "Murat" dans le texte) et ses deux fils : Jacob Shalabin et Bajazet Ier (qui a vécu quelques siècles avant le Bajazet de la pièce de Racine), et Ali Pacha, qui devint grand vizir, mais qui n'est "que" le fils du grand vizir lorsque l'histoire débute.

Qui était l'auteur ? C'était un chrétien d'occident, ce qui se voit en de très nombreuses occasions. Cela ne l'empêchait pas de connaître l'Orient (sur Wikipedia, on lit qu'il "
semble avoir bien connu l'histoire et la civilisation turques contemporaines. Plusieurs indices donnent à penser que cet auteur était probablement l'un des descendants de ces Catalans qui participèrent à l'expédition en Orient des Almogavres, et qui occupèrent le duché d'Athènes jusqu'en 1390.")
"L'auteur s'adresse à un public très peu ou nullement familier des moeurs orientales. Il l'instruit donc des coutumes nuptiales (chap. V), des rites funéraires des grands seigneurs (chap. VI), de la façon de voyager (chap. VII), ou de l'usage des dames de se couvrir le visage (chap. VIII)." (préface, page 10).

Ce roman a donc un intérêt historique, mais aussi un intérêt littéraire, d'autant plus que "chose rare en ces temps médiévaux, nous ne rencontrons aucune critique ni parodie des us et coutumes ou de la religion des « Sarrasins ». [...] l'identité religieuse ou ethnique est tout à fait secondaire par rapport à l'essentiel : la trame narrative faisant des personnages les représentants universels des jeux de l'Amour et du Hasard, avec leurs déguisements, leurs enlèvements et leurs reconnaissances." (postface, page 107).

Le roman commence ainsi :
"Vous devez savoir - la chose est notoire -, qu'au cours de l'an de Notre-Seigneur 1387, dans les contrées d'Orient, au pays où se dressait la grande Troie, appelée aujourd'hui Turquie, régnait le souverain turc connu sous le nom de Murat. Ce sultan résidait à Brousse, une grande ville située sur ses riches terres, où il vivait dans l'opulence. Il avait deux fils, l'un légitime et l'autre adultérin. Le bâtard s'appelait Bajazet, et ledit Murat, son père, l'avait relégué à sa frontière avec le Grand Karaman. Quant au premier, du nom de Jacob Shalabin, il demeurait à Brousse avec son père, qui le gardait auprès de lui, car il l'aimait beaucoup, ce qui était naturel, puisque c'était son aîné. Le Prince, ainsi qu'il convient à tout seigneur, prenait un vif plaisir à la chasse, exercice propre à satisfaire les personnes nobles." (pages 21-22). En fait, Bajazet n'était pas bâtard, mais l'auteur a dû penser que cela ne faisait pas de mal de le noircir un peu...

Au début du roman, Jacob a vingt-deux ans ; il est beau, intelligent, doué dans tous les domaines, et toutes les femmes semblent tomber amoureuses de lui (ou de son grand ami, Ali Pacha). Le problème, c'est que la très jeune femme de son père, une sorte de Phèdre orientale, tombe amoureuse de lui, son beau-fils ! Sans la dénoncer, Jacob cherche à éviter sa belle-mère. Elle en tombe malade.
Son mari le Sultan fait alors venir tous les médecins qu'il peut (y compris ceux qui ne sont pas musulmans) pour tenter de trouver un remède.
"Les médecins auscultèrent la Sultane, ils la palpèrent, examinèrent son urine, mais ils ne lui trouvèrent aucun mal connu, ce qui les étonna beaucoup, et ils finirent par avouer :
- Vraiment, Sire, nous ignorons quel mal frappe votre épouse ; nous ne voyons pas de quoi il s'agit.
" (page 25).
Bien sûr, la sultane cache la nature de son mal.
Vient un médecin Juif , kyr Moshé, qui la percera à jour. Pourquoi lui et pas les autres médecins ? On l'apprend, et à cette occasion on a droit à un passage antisémite :
"Ce kyr Moshé était un homme fort subtil et d'esprit pénétrant, et très compétent dans son art. Chacun sait que chez les Juifs la trahison, la fausseté et la tromperie sont une seconde nature, et ce médecin, expert en duperie, était loin d'y déroger. [...] Il réfléchit et se dit que personne au monde ne sait mieux de quoi il souffre que le malade lui-même." (page 27).

L'intelligent médecin va mettre en place un plan diabolique... et cela va être le début des problèmes - et des aventures - de Jacob Shalabin et de son ami Ali Pacha.

Jacob Shalabin est un roman très agréable à lire, et en même temps instructif. Que demander de plus ?

 


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