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EKUNI Kaori (江國 香織)

(Tokyo, 21/03/1964 -)

ekuni kaori

Ekuni Kaori est née en 1964.
"Après avoir achevé ses études secondaires, Ekuni étudie en université aux États-Unis. Elle fait ses débuts littéraires en 1987 avec des contes pour enfants qui lui valent de remporter un prix du livre pour enfants. Avec le roman Kira Kira hikaru (1991), qui est une des meilleures ventes au Japon, elle remporte le prix Murasaki Shikibu de littérature en 1992. Elle se révèle par la suite essentiellement comme essayiste et auteur de portraits de jeunes femmes sensibles. Pour Oyogu no ni anzen demo tekisetsu demo arimasen elle est couronnée en 2002 du prix Shūgorō Yamamoto et du prix Naoki en 2003 pour Gōkyūsuru jumbi wa dekiteita. En 2010, elle est lauréate du prix Chūōkōron de littérature pour Mahiru nanoni kurai heya.

Ses nombreuses œuvres de fiction ont été traduites en plusieurs langues et publiées dans de nombreux pays, dont son roman Twinkle Twinkle." (Wikipedia)
Ses livres sont des best-sellers en Corée.

dans la barque de Dieu    version anglosaxonne
Couvertures française et anglo-saxonne.

Dans la Barque de Dieu (Kamisama no boto, 神様のボート, 1999). Roman traduit du japonais par Patrick Honnoré. 203 pages. Editions Philippe Picquer. Ouvrage sélectionné par le JLPP.

Au début du roman, nous sommes en 1997. Yoko est une femme de trente-cinq ans. Elle a une fille de 10 ans, Sôko.
Elles vont de ville en ville, s'installent pour un temps, une année ou deux, puis repartent.
Le roman présente en alternance les points de vue de la mère et de la fille.
"L'école primaire où je vais en ce moment, c'est ma troisième école. Ce que j'aime surtout dans cette école, c'est les pneus à moitié plantés dans la terre de la cour.
J'ai commencé à voyager quand j'avais six mois. Bien sûr, je devrais plutôt dire que c'est maman qui a commencé à voyager. Moi, elle m'a juste emmenée avec elle.
" (page 11).

Yoko gagne sa vie comme professeur de piano, et arrondit ses revenus en travaillant dans des bars. Sôko doit alors se débrouiller.
"J'ai l'habitude de rester seule la nuit. Parce qu'en général, c'est toujours un travail de nuit que maman trouve. Une seule fois maman avait trouvé un travail de jour, mais c'est une histoire déjà rangée dans sa boîte.
« Rangée dans sa boîte », c'est une expression à maman et moi pour dire « qui appartient au passé ». Même les choses joyeuses ou gaies, quand c'est fini, ça ne revient plus.
- ... Mais ce n'est pas triste.
Maman portait une jupe de couleurs vives à fleurs, je me souviens.
- ... Parce que ce qui est passé ne s'en va jamais. Ça reste pour toujours. Il n'y a que ce qui est passé que l'on possède vraiment, vois-tu.
Elle m'a dit ça il y a quatre ans, quand j'ai pleuré parce que je ne voulais pas déménager d'une ville où c'était la première fois que je me faisais des amies.
- ... Toutes les choses passées, elles sont rangées dans leur boîte, comme ça tu n'as pas besoin de t'inquiéter, tu ne les perdras jamais. C'est merveilleux, non ?
" (pages 13-14).

Mais pourquoi déménagent-elles sans cesse ?
"- Parce que, toi et moi, on est embarquées dans la barque de Dieu, elle a répondu." (page 29).

Yoko cherche le père de la petite, qui est parti en disant à Yoko qu'il la retrouverait.
"J'ai l'impression que si je me lie à un endroit, je ne le reverrai jamais.
- Je reviendrai, je te le promets, il m'a dit un après-midi très chaud de septembre. Je reviendrai. Je te retrouverai. Où que tu sois, je te retrouverai.
- Où que je sois ?
Puis je lui ai souri.
" (page 55)

Veut-elle vraiment le retrouver ? On n'en a pas l'impression : Yoko, qui est toujours plongée dans un roman policier (Soko, elle, lit à un moment La Caravane, de Wilhelm Hauff) doit bien savoir qu'il y a des façons de retrouver quelqu'un, ou de faire en sorte que la personne qui nous cherche puisse nous trouver (de façon plus efficace que de publier une annonce de temps à autre dans des magazines de musique qu'il serait susceptible de lire). Or, elle a coupé les ponts avec ses parents, et avec son passé en général ! Du coup, son homme n'a aucun moyen de la joindre.
De plus, à chaque fois qu'elle emménage dans une nouvelle ville, elle va faire le tour des magasins de musique, espérant trouver y son homme. Or, on lit : "Plus que vraiment déçue, j'ai été soulagée." (page 65).

La mère a des problèmes : c'est une inadaptée sociale.
Elle idéalise le père de sa fille, rejoue à satiété les souvenirs qu'elle a de lui et les raconte à sa fille (qui, ainsi, n'ignore rien du moment où elle a été conçue, ni que son père est « suprêmement sexy »).
Elle joue le rôle de la femme transie d'amour qui cherche son amant au bout du monde, mais en faisant en sorte que cela puisse durer.
À un moment du roman, il y a un tunnel avec un trottoir que la mère et la fille appellent « la forêt obscure » (page 158). La mère en a peur, ce qui n'est pas le cas de la fille. On n'est pas chez Dante, mais le symbole est clair. La mère veut rester dans son monde mais pas la fille, qui veut en sortir et mener une vie stable, sociale.

Les années passent, elles déménagent, encore et encore... Sôko grandit.

Un roman pas exceptionnel, souvent trop long : le point de vue de la fille est bien rendu, mais du côté de la mère, il y a vraiment des longueurs.
Ce n'est pas sûr que ce soit le meilleur de l'auteur (qui a obtenu plusieurs prix importants, notamment le prix Naoki, mais pas pour ce livre).

Le livre a été adapté en mini-série télé (3 épisodes) en 2013.

adaptation télé


Adaptation de ses oeuvres pour la télévision et le cinéma :
- Kira kira hikaru (1992), réalisé par Joji Matsuoka.
- Rakka suru yugata (1998), réalisé par Naoe Gôzu.
- Reisei to jônetsu no aida (2001), réalisé par Isamu Nakae
- Tokyo Tower (2005), réalisé par Takashi Minamoto. Avec - je suppose dans un tout petit rôle ? - Mylène Demongeot.
- Mamiya kyodai (2006), réalisé par Yoshimitsu Morita.
- Ren'ai shousetsu (2006), téléfilm réalisé par Ryûhei Kitamura et Etsushi Toyokawa.
- Suîto ritoru raizu (2010), réalisé par Hitoshi Yazaki.
- Kare, otto, otoko tomodachi (2011). Série télé.
- Kamisama No Boat (2013), mini-série télé réalisée par Takashi Minamoto, d'après Dans la Barque de Dieu.




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