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SEPULVEDA Luis
(Ovalle, Chili, 04/10/1949 -)

 

D'après des sources de Wikipedia :
Militant des Jeunesses communistes, Luis Sepulveda fait deux ans et demi de prison sous Pinochet.
« A la fin d’un procès sommaire du tribunal militaire, en temps de guerre, à Temuco en février 1975, au terme duquel je fus accusé de trahison de la patrie, conspiration subversive, et appartenance aux groupes armés, entre autres délits, mon avocat commis d’office (un lieutenant de l’armée chilienne) est sorti de la salle - nous sommes restés dans une salle à côté - et, euphorique, m’a annoncé que ça s’était bien passé pour moi : j’avais échappé à la peine capitale et j’étais condamné seulement à vingt-huit ans de prison. »
Il est libéré en 1977, sous la pression d'Amnesty International. Il est exilé. Il va voyager en Amérique du Sud, et notamment vivre avec les Indiens Shuars dont il parlera dans Le Vieux qui lisait des romans d'amour. Puis il participe à la lutte armée aux côtés des sandinistes.

En 1982, il s'installe en Europe et devient journaliste. Il continue à voyager, puis se fixe en Espagne.
Son premier roman, Le Vieux qui lisait des romans d'amour, est un succès international.

- Le vieux qui lisait des romans d'amour. (Un viejo que leia novelas de amor, 1992, traduit de l'espagnol par François Maspero). Points. 121 pages.
Dans sa présentation, Pierre Lepape écrit qu'un livre qui plaisait à tout le monde (prix des Relais H et Prix de France Culture...) "ne pouvait donc être aimé que pour de mauvaises raisons [...]
Comment Le Vieux qui lisait des romans d'amour a-t-il créé cet improbable consensus, non dans la mollesse des concessions et des indifférences, mais dans l'enthousiasme et le plaisir ?
Le sujet du roman n'y est pas pour rien. [...]
Le livre est une dénonciation impitoyable, bien que sans emphase, de la destruction aveugle, systématique, cruelle et stupide de cette forêt-continent qu'est l'Amazonie et, à travers elle, des équilibres fragiles et vitaux qui lient l'homme et son environnement naturel.
Sepulveda n'entonne pas la vieille antienne du bon sauvage qui s'oppose au méchant civilisé [...] ". (pages I-II)
C'est ce qui fait la différence. Il nous montre un monde difficile à vivre. Il fait chaud, moite, la nature n'est pas tendre avec l'Homme.

"Le ciel était une panse d'âne gonflée qui pendait très bas, menaçante, au-dessus des têtes. Le vent tiède et poisseux balayait les feuilles éparses et secouait violemment les bananiers rachitiques qui ornaient la façade de la mairie." (page 13).

Le docteur, qui fait aussi office de dentiste, entre en scène. Il "pratiquait une étrange anesthésie verbale pour atténuer les douleurs de ses clients. [...]
- Tiens-toi tranquille, bordel ! Bas les pattes ! Je sais bien que ça fait mal. Mais à qui la faute, hein ? A moi ? Non : au gouvernement ! Enfonce-toi bien ça dans le crâne. C'est la faute au gouvernement si tu as les dents pourries et si tu as mal. La faute au gouvernement ! " (page 13).
Et voici qu'arrive le maire.
Mais n'allons pas trop vite.

Nous sommes à El Idilio, le mal nommé :
"El Idilio était resté deux ans sans autorité pour faire respecter la souveraineté de l'Equateur sur cette forêt où toute frontière est une vue de l'esprit, avant que le pouvoir central n'envoie le puni." (page 24).
Le puni, c'est donc le maire :
"Le maire, unique fonctionnaire, autorité suprême et représentant d'un pouvoir trop lointain pour inspirer la crainte, était un personnage obèse qui transpirait continuellement. [...] Depuis une époque impossible à préciser il vivait avec une indigène qu'il battait sauvagement en l'accusant de l'avoir ensorcelé, et tout le monde attendait le jour où la femme l'assassinerait. On prenait même les paris.
Dès le moment de son débarquement, sept ans auparavant, il s'était fait unanimement détester.
Il était arrivé avec la manie incompréhensible de lever des impôts sous des prétextes incompréhensibles." (pages 23-24)

Le train-train est interrompu par un cadavre qu'on amène. Les indiens sont accusés de l'avoir tués, mais un vieux, Antonio José Bolivar Proaño, tel un Sherlock Holmes Sud-Américain, démontre qu'il n'en est rien, et désigne un autre coupable. Et c'est le début de l'histoire à proprement parler, dont le vieux est le personnage principal.
"Antonio José Bolivar Proaño lisait des romans d'amour et le dentiste le ravitaillait à chacun de ses passages.
- Ils sont tristes ? demandait le vieux.
- A pleurer, certifiait le dentiste.
- Avec des gens qui s'aiment pour de bon ?
- Comme personne ne s'est jamais aimé.
- Et qui souffrent beaucoup ?
- J'ai bien cru que je ne pourrais pas le supporter.
A vrai dire, le docteur Rubincondo Loachamin ne lisait pas les romans.
Quand le vieux lui avait demandé de lui rendre ce service, en lui indiquant clairement ses préférences pour les souffrances, les amours désespérées et les fins heureuses, le dentiste avait senti que la tâche serait rude.
Il avait peut de se rendre ridicule en entrant dans une librairie de Guayaquil pour demander : « Donnez-moi un roman d'amour bien triste, avec des souffrances terribles et un happy end... » On le prendrait sûrement pour une vieille tante. Et puis il avait trouvé une solution inespérée dans un bordel du port." (pages 30-31).

Ce vieux est devenu un vieil habitué de la jungle et de ses dangers. Il traque parfois les serpents venimeux.
"Il savait s'en approcher en sifflant sur un ton aigu qui les désorientait, pour se retrouver finalement face à eux. Alors son bras répétait les mouvements du reptile jusqu'à ce que celui-ci, désorienté puis hypnotisé, finisse par répéter à son tour ces mouvements qui imitaient les siens... C'est à ce moment que l'autre bras intervenait, implacable." (page 45).


Une livre court, une histoire vivante, des personnages haut en couleur, une foule d'anecdotes (la méthode employée par certains vieux Indiens Shuars pour se suicider, les dangers du fleuve... et la méthode pour capturer les petits singes !).
Très sympathique !



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